Tout en bas du blog, déroulez, déroulez vous avez les étapes de la reliure, reliées aux articles qui leur correspondent, en cliquant sur ces liens hyper-texte.

jeudi 29 septembre 2016

Quelles sont les livres référents qui vous permettent de construire une fiche bibliographique?

Dans un livre paru sous la direction de Dominique Coq, à l'usage des bibliothécaires qui doivent gérer des collections patrimoniales, la seconde partie du livre est consacrée à l'étude, au référencement, aux techniques d'estampes, à la photographie et aux enjeux du signalement et de la description des documents patrimoniaux, en gros.
Nous retrouvons des noms connus pour chacune des spécialités de cette partie.
Je m'arrêterai simplement aux références et aux outils cités pour établir une fiche comme n'importe quel professionnel en charge d'un fond de livres, qu'il soit moderne, ancien, privé, personnel ou public.

Il existe des normes précises dans le monde des collectivités locales, bibliothèques, médiathèques et autres, sous forme de dogmes nécessaires à ce que l'ensemble de la sphère mondiale puisse comprendre de quel livre, document est-il question.
Puisque tout devient à long terme et dans l'idéal accessible à tous, partout dans le monde.
(Je ne vous parlerai pas des format Marc, inter marc BNF et Uni marc, EAD, ... tout un jargon informatique qui fait des bibliothécaires des informaticiens et non plus des bibliothécaires.)

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Avant le 19ème, un livre est ancien, après, il est moderne, même si subsistent des caractéristiques de la catégorie "ancien": format, nature du papier de type chiffon, typographie, mise en page.
1830 voit apparaître le papier à composantes de bois, de cellulose donc, de lignine, très acide, de charges chimiques, kaolin et autres matériaux, minéraux.

Ceci posé, il y a la distinction manuscrit avant l'imprimerie, soit avant 1456.
Il y a la période qui va de l'imprimerie à 1501-1530 pour les livres imprimés sur le modèle et la mise en page des manuscrits: On y trouve un texte en deux colonnes avec des espaces réservés aux lettrines encore faites à la main souvent, sans que cela soit LA règle.
Ce sont les incunables.
Dans le monde des livres, il faut être d'une prudence exacerbée parce qu'il n'y a pas LA règle, il y a des pratiques d'atelier dont les productions nous sont arrivées en suffisamment grand nombre pour établir des ensembles de caractéristiques.


Parfois on verra des livres avec des caractéristiques d'incunables après 1530, ce sont les post-incunables.

Un livre peut être broché: avec un fil qui fait lien entre les cahiers.
En cahier non cousu.
Relié, il y a des structures de couture sur lequel le fil de couture des cahiers s'articule.
Il peut être relié avec passure en carton ou relié sans passure, à la forme Bradel.
Vous trouverez toute ces définitions sur nombre de sites, y compris sur le mien en reprenant les étapes de la reliure une à une.

En Gros, une fiche doit indiquer:
le titre
l'auteur
la date d'édition
le lieu d'édition
les caractéristiques de formats
les éléments hors textes ajoutés
les particularités de l'édition que vous avez à décrire

la justification s'il y en a une
l'auteur de la reliure s' il est connu
le nom des collaborateurs du décor, de la dorure, des illustrations.
Tout ce qui en fait un exemplaire remarquable et unique.

l'état d'usage

le nombre de pages, de gravures.
Son incomplétude s'il y a lieu ou sa reconstitution à partir d'autres documents.

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Pour se faire, il y a eu à toutes les époques des bibliophiles qui ont recensé les différentes éditions.
Internet est un outil remarquable pour trouver des lettres de noblesse, ou non, à vos livres, les identifier, dans les entreprises phénoménales de reconnaissances et de catalogages des éditions des titres d'avant l'informatique.


Nous vous proposons d'utiliser les outils de recherche suivant:


http://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&startRecord=0&maximumRecords=15&page=1
&collapsing=disabled&query=dc.relation%20all%20%22cb37745664g%22







http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220578v?rk=85837;2


Et de regarder toutes les légendes des extraits et captures d'écran de ce blog dont je fais les fiches, en indiquant sciemment mes sources, par soucis de respect et de justice pour ces autres dont les recherches sont parfois celles d'une vie.
Personne n'est infaillible et dans ce monde des livres tellement grand, il convient de rester humble et de signaler toute erreur pour qu'on rectifie et que ne soient pas répertoriées des erreurs induisant encore plus en erreur ou des approximations.

C'est la politique de l'atelier et de ce blog de travailler en toute transparence pour redonner envie de regarder, collectionner, arranger, les livres et d 'avoir des bibliothèques en ce moment, pour rester libre.

                          *********************************************

Vous pouvez aussi consulter les 8 volumes du Brunet:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209347t/f1.item



Le Caillet pour tout ce qui est ésotérique:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k117189t



Enfin de faire preuve de beaucoup de curiosité, de patience, de vérifier souvent aussi et autant que possible dans ces livres à votre disposition, aussi bien sur le net en version numérisée qu'en version papier.
De ne pas négliger toutes les petites publications des journaux littéraires, savants, politiques, satiriques qui avaient des rubriques littéraires et des salons qui recensent souvent des petits livres et publications éphémères qui vont disparaître ou ont disparu les premiers, tant le public intéressé est petit.
Ils n'ont souvent de traces que dans ces journaux du 19ème.
Ce sont un peu comme les magazines "lire" et le "magazine littéraire" du 20ème ou bien encore les rubrique "livre et nouveautés" des publications publicitaires et éphémères des centres Leclerc, Cultura et autres.
La liste de vos ressources est donc en permanente accroissement grâce à la numérisation.

Vous pouvez aussi aller sur les sites des librairies qui ont fait ces recherches là avec ces outils là.
Leur exemple, souvent remarquable de finesse et d'intelligence dans la science de description d'un livre à des fins commerciales, est précieux.
Il faut cependant faire attention à ne pas tirer de conclusion hâtive et de confondre un exemplaire qui VOUS semble similaire alors qu'il n'en est rien.
C'est un métier et seuls la manipulation, les voyages, les échanges, les rencontres dans les salons avec ces professionnels sont garants d'une vérité, d'une justesse au sujet des livres.

Il est inadmissible que nombre de vendeurs de livres reprennent et copient ces notices, en trompant de fait, les futurs clients qui pensent faire une affaire, alors qu'ils en auront souvent pour trop cher pour un mauvais ou médiocre exemplaire. Ils ajoutent de la confusion à la confusion.
Tout comme un certain nombre de libraires reprennent des thèses d'étudiant tout en ne les citant pas.

Les bases de données des Universités et des Ecoles mettent en ligne parfois les thèses des étudiants: C'est une source à ne pas négliger qui  est une vraie source de bonheur parce que le travail d'une année ou deux d'études est précieux. Ils convient également de citer le nom et le titre de la thèse des étudiants.

Le pillage est devenue une pratique regrettablement courante.

Même dans un travail de synthèse qui reprendrait l'idée générale, la source est à indiquer. En l'occurrence, mon travail de relieur ne me laisse souvent pas assez de temps pour faire des synthèses. C'est pourquoi je propose des captures d'écran qui vous donnent à lire des extraits avec la source pour que vous puissiez acquérir la connaissance indispensable au relieur, qui lui fait souvent défaut au début.
Je terminerai en citant ces outils également:
https://www.worldcat.org/identities/
https://archive.org/

La liste reste non exhaustive et ouverte bien sûr.

Bonne recherche.










mardi 27 septembre 2016

Ficelles.



Lorsqu'un livre doit être relié à nouveau, il n'est pas utile de tout démonter.
Délicatement on peut retirer les ficelles des anciens cartons et refaire une passure en carton.
Il ne sert à rien de dégrader quand c'est solide.
On refait des encoches sous la ficelle pour incruster, dans le carton, le nerf à l'intérieur du plat, le contre plat.
A l'extérieur, éventuellement, on peut mettre un renfort à cheval sur le dos et le mors-peau-carton pour bien solidariser le tout en attendant la couvrure finale.

On a vu ce genre de réparations en démontant des 19ème.

Lorsque la ficelle casse, il est tout à fait possible de repasser des ficelles sans découdre, également, à condition que l'ensemble soit solide.

lundi 19 septembre 2016

Mise en suspens du blog.

Il est bien utile ce blog, pour moi comme pour vous.

Un lien, un endroit qui, virtuellement, prouve que j'ai existé, à jamais enfermée dans les serveurs géants de Google, Facebook et autres géants aux mains pleines et maladroites.

Je le laisse vivre sa vie en espérant qu'il devienne et reste une référence sur ce métier qui n'existe plus réellement sous la forme que je le pratique, de façon viable, depuis 1970.

Lorsque je rencontrais Alain Lobstein, je ne savais pas dans quel milieu j'entrais ...

C'est en 98, le rencontrant chez une autre relieuse en Bretagne, Anne Vion, elle-même formée à l'Ucad par Alain L. , formé lui chez  Georges Cretté,  puis créant l’atelier de Saulnier, puis en 1969 avec Jacques Ardouin, la société Reliural et enfin en 1977 avec un nouvel associé, Jean-Paul Laurenchet, qui remplaça le précédent parti fonder son propre atelier ...

Donc je débutai durant 6 mois à peine, chez Alain  9 rue Félix Faure, dans un semblant d'atelier qui allait prendre forme, aidé d'un Monsieur dont je ne me souviens plus le nom, qui remit aussi bien sur pied l'électricité que les murs, le gros œuvre, tout en fait, en état de marche.

Le relieur émérite se chargeait de reconstruire un atelier avec des bouts de meubles et de bois, qui soit pratique. Un peu de ses anciens ateliers, celui que je n'ai pas connu, 15 rue Félix Faure, des pièces de Marius Michel, des fleurons, de corps d'ouvrage et des tas de livres en suspens ...

Très formateur, un homme d'argent, un bel artisan aux relations, dans le milieu de la bibliophilie d'alors, qui ne me remarquaient pas ou à peine ... la fille de 50 kilos au balai et au café.
Une nouvelle petite main qui ne ferait que passer ...

18 ans après, j'ai fait mon chemin, loin de Paris, difficilement mais fructueusement.

Depuis 4 à 5 ans, le monde du livre ancien décline au niveau où je le pratique, les nouveaux et nouvelles relieur(e)s, formé(e)s en peu de temps, avec des objectifs, qu'on sait inatteignables, comme on a travaillé comme je le fais ... presque toujours pour la gloire, un peu pour alimenter les charges et se ruinant par ailleurs la santé et les plans d'épargne retraite, ne peuvent pas passer au delà de un ou deux ans en raison de l'absence de travail.
( Ou alors Papa a des sous ... ce qui n'est pas un mal si c'est pour préserver ce pan de patrimoine.)

Dès qu'il y a du travail, un peu trop pour un tout seul, il n'y en a pas assez pour un apprenti dont on sait ce que l'administration et Bercy en profiterons pour nous ruiner un peu plus. Tout cela n'est pas viable.

Le niveau de culture générale déjà très bas, dont je puis vous dire qu'aujourd'hui il me faut des tonnes de ressources et de curiosités pour dépasser le lamentable cursus scolaire de notre génération ... 66 ... pas année sexy du tout .... dont nous fûmes gratifiées par tous ces ministres aussi incompétents, que eux même bien structurés pour nous déstructurer, ce niveau de culture n'est pas prés de remonter si on balance les livres ou on ne donne pas le temps nécessaire à l'apprentissage et à la digestion et la mise en pratique de ces métiers à savoir-faire rares: c'est à dire entre 20 et 30 ans pour être au top.

Il faut maintenant avoir deux, trois emplois d'esclaves pour arriver à vivre ... c'est la mort de nos métiers, la dispersion assurée.

Le numérique, cet entonnoir à vents et pets tonitruants, parfois nauséabonds, réplique la bêtise de ceux qui croit les livres figés et inutiles.
Bien sûr que c'est inutile de lire et d'avoir des livres, dans le sens le plus noble du terme: il n'y a pas de profit à court terme mais  des bénéfices à long terme, humains d'abord et humains ensuite.
Pécuniers en dernier.
Et j'en ai rien à fiche d'être ou de ne pas être à la mode, de ne pas être aimable.

Même fermés et immobiles presque invisibles, ce sont nos meilleurs compagnons, les repères d'une vie passée et à venir, quand on daigne les ouvrir au présent, ils nous renseignent sur notre capacité à comprendre que la modernité existe depuis bien avant nous. Ils nous aident à nous projeter.

Encore faut-il prendre conscience de ce patrimoine, du profit qu'il y a, aurait à travailler de concert avec les libraires, les bibliophiles désireux de lire et de sauver des livres, de leur rendre une vie honnête et aussi les éditeurs, de ne pas sans arrêt rééditer des exemplaires qui feront double emploi.

Je laisse donc ce blog qu'il vous appartient de faire vivre et de vous en servir comme un aide-mémoire. Il n'est pas parfait, les livres présentés en exemple sont le choix de mes clients, ou les miens, et à valeur didactique.

Mais RIEN ne remplace la pratique car chaque livre est le regroupement de tellement de paramètres qu'il n'en existe aucun de pareil.
Refaire est souvent le lot au début.

Tout en bas du blog, chaque étape est reprise et expliquée dans les termes de la reliure et non un pseudo mélange de termes sortis de l'imprimerie de la librairie et de l'édition.
Un métier tel que le mien existe parce que chaque mot est vivant.
Vous êtes priés de bien utiliser les mots pour ce qu'ils désignent précisément dans l'atelier.


Je laisse donc ce blog aux bons soins des futurs relieurs qui voudront être professionnels en étant dans l'exigence permanente et la recherche de la précision, de la finessede la culture et du savoir de ce métier et des livres.Il ne supportera pas la dilution, la novlangue et autres conneries d'innovations et de nouveautés pour être à la mode, bougres de crétins de politiques et de médias.
Et s'il existe un seul intégrisme sur terre, c'est bien celui que l'on doit aux faiseurs de livres.


Traité historique des plus belles bibliothèques de l'Europe, Par Sieur Le Gallois. M. DC. LXXX.


Bon vent et bonne navigation.
Bien à vous,
Sandrine.










jeudi 15 septembre 2016

Caviardage, martelage et autres destructions.

L'Éclipse, n° 299
André Gill, 19 juillet 1874.
BnF, estampes et photographie, YA1-115-FOL





L'Art de la destruction est parmi les pratiques des hommes pour afficher leur supériorité, un art séculaire.

A chaque civilisations, changements de régimes, de politiques, de gouvernants existe une pratique qui donne puissance et pouvoir aux nouveaux venus:
Caviardage, martelage, destruction à la bombe, à la hache ...

Dans l'Egypte ancienne, il s'agissait de s'approprier la force du souverain déchu.
"Martelages:
 
De nombreux martelages ont étés effectués, et ce, dès l’époque "pharaonique". Il faut noter que l’image ou le nom dans l’Egypte ancienne a une grande signification [il faut que son nom soit lu ou prononcé pour que la vie éternelle outre-tombe soit garantie]. Certains personnages tombés en disgrâce ont donc étés martelés entièrement ou simplement au niveau des mains et du visage ainsi que leur nom, effacé. Ces mutilations sont généralisées durant l’époque amarnienne avec le martelage du nom d’Amon (cas rare du martelage du nom d’une divinité) et après avec le martelage du nom d’Akhenaton. Nonobstant ce cas de la période amarnienne, les noms divins et leur image sont très rarement martelés. Ainsi, lorsqu’un nom de personnage contenant celui d’un dieu tombé en disgrâce est martelé, le nom du dieu est épargné (voir les nombreux cas avec Toutankhamon )."

Source:
http://temple.egyptien.egyptos.net/infos/mutilation.php

On peut imaginer aussi ce que furent les destructions iconoclastes ...

Pendant la révolution française, les exlibris ont été biffés à l'encre pour rendre illisible le nom de l'ancien propriétaire, d'où le terme "Caviarder".
Certains livres ont été brulés ou découpés, maculés, autorisation de la Convention en bonne et due forme. Pour autant ils ont été sauvés du désastre, pour convenir aux règles d'une révolution sanglante.

On ne parlera pas non plus des Bouddhas, des temples et musées de Mossoul ...


 µµµµµµµµµµµµµµ



"La Destruction de l'art est le premier livre à examiner de façon systématique l'iconoclasme et le vandalisme au cours de la période contemporaine. Cette ambition est née de la chute des « monuments communistes » à partir de 1989, qui a démontré que, même en Europe, l'iconoclasme n'appartenait pas au passé. L'étude propose une vue d'ensemble, au plan international, des attaques portées contre des œuvres d'art et des biens culturels, et recherche ce qu'elles ont en commun et ce qui les différencie, en s'appuyant sur les données empiriques et les apports de plusieurs disciplines, dont la sociologie, la psychologie et la criminologie. À l'aide d'études de cas permettant de saisir la complexité des situations et la multiplicité des acteurs, l'enquête aborde aussi bien les destructions dues à des autorités et aux propriétaires des œuvres que le « vandalisme embellisseur » des architectes et urbanistes et que les agressions, anonymes ou revendiquées, ayant lieu dans l'espace public et à l'intérieur des musées. Attentive aux enjeux que représentent les explications, justifications et interprétations de ces actes, elle examine les changements apportés à l'iconoclasme par le « culte du patrimoine » et la condamnation politique et morale du « vandalisme », ainsi que le rôle croissant des moyens de communication et leur développement technique. Une attention particulière est apportée aux rapports paradoxaux liant l'évolution de l'art moderne à l'iconoclasme, des appels avant-gardistes à faire « table rase » de la tradition aux rejets d'œuvres contemporaines dont on prétend les avoir prises pour des déchets. L'ouvrage interroge les liens existant entre cette histoire récente et les grands épisodes iconoclastes anciens, de la « querelle des images » byzantine à la Réforme et à la Révolution, et traite du rôle renouvelé de la religion.
Devenu un classique depuis sa publication en anglais en 1997, traduit en allemand et en espagnol, La Destruction de l'art paraît avec une bibliographie mise à jour et une préface inédite. À l'heure où l'iconoclasme artistique prospère et où les attaques contre le patrimoine culturel sont des armes politiques de première importance, il peut aider à en comprendre la généalogie et la logique."

http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=2379






François Béranger - Tango de l'ennui  

dimanche 21 août 2016

Botanique, suite 14ème, 15ème, 16ème (12).

 
 
Nous poursuivons la botanique à travers les livres par des exemples concrets.
La sortie du Moyen Age dans cette discipline se fait par la redécouverte des écrits de Théophraste.
En 1483, il est traduit en latin et disponible dans toute l'Europe.

Une thèse qui fait une bonne synthèse de cette science:
http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/64128-plantes-savoir-et-imprimerie-a-lyon-au-xvie-siecle.pdf

C'est aux 13ème/ 14ème que l'observation de la nature devient d'une précision qu'on retrouve dans les œuvres des artistes.
La copie d'après copie recule.
 
 
 
 
 
.
http://www.mnhn.fr/fr/visitez/agenda/rendez-vous-museum/conference/plantes-animaux-grandes-heures-anne-bretagne

http://blog.pecia.fr/post/2012/12/17/Les-Grandes-heures-d-Anne-de-Bretagne-sur-Gallica



Progressivement, la critique, la re-traduction des œuvres des anciens augmentée de nouvelles observations in situ contribuent à former une science plus précise.
L'illustration devient de fait plus réaliste. Les voyages et explorations des 15 et 16 èmes siècles donnent naissance à une histoire naturelle.
Même si tous les pays d'Europe semblent suivre ce chemin de découverte, l'Italie est précurseur dans la création de jardins botaniques liés aux universités.





Padoue.
Source de l'image:


https://unmondemoderne.wordpress.com/2014/01/10/une-histoire-des-jardins-botaniques-entre-science-et-art-paysager-de-yves-marie-allain/

http://www.padovamedievale.it/info/jardin-botanique/fr


L'herbier naitra de l'impossibilité d'observer les plantes longtemps ... tributaire des saisons, l'observateur ne dispose que de quelques mois.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luca_Ghini


L'imprimerie fournira beaucoup de copies d'anciennes traductions avec de nombreuses erreurs ....
Hommes d'argent, les éditeurs et imprimeurs en font des succès d'édition et gagnent avant toute rigueur scientifique, de l'argent.

1434 Gutenberg.

1469 première traduction de Pline à Venise

Histoire de l'origine et des prémiers progrès de l'imprimerie: SupplémentPar Prosper Marchand,Jacobus van der Schley























Livre imprimé et illustré:
http://classes.bnf.fr/livre/grand/1086.htm


http://le-bibliomane.blogspot.fr/2012/01/renaud-de-nimegue-imprimeur-venise-1477.html



En 1470 c'est le livre de Bartholomaeus Anglicus qui est imprimé pour la première fois.
Je n'ai pas trouvé cette édition numérisée mais ...
http://collections.bm-lyon.fr/presseXIX/PER0044ae561e018a32


Page de titre de Barthélemy l'Anglais, Le Propriétaire des choses Paris, Jehan Petit et Michel Lenoir, 1510 (BM Lyon Rés.157770, f. 1)

Source de l'article: Jacques Rossiaud
Professeur émérite à l'université Lyon II-Lumière, spécialiste des régions rhodaniennes, Jacques Rossiaud a publié en 1988 La Prostitution médiévale, devenu un livre de référence. Il a participé à la rédaction de La Ville en France au Moyen Age, sous la direction de Jacques Le Goff. Il prépare actuellement un Dictionnaire du Rhône médiéval.


A suivre .....

mercredi 10 août 2016

Botanique, philosophie et traduction (11).

Remontons au calandes grecques .... pendant que l'Europe sombre dans l'ignorance, en Syrie, la culture bat son plein. Nous sommes de l'an zéro à l'an 1301.

(voix off: Où il fait la preuve que les livres, seuls, nous sauverons de la bêtise,
et de la culture des jardins par la culture de la philosophie et de l'histoire des religions,
tous les chemins mènent à l'atelier et aux livres.
De la nécessité de savoir l'histoire des peuples et de leurs religions, des rapports entre politique, religion et conquête ainsi que progrès scientifiques et biologiques.)


La transmission des textes antiques se fait par la traduction des Chrétiens d'Orient, en syriaque puis en arabe les tout-premier siècle de l'ère chrétienne.

" Ils n’avaient pas besoin au départ de traduire les textes grecs en syriaque car ils connaissaient le grec. Par la suite, la traduction des textes grecs en syriaque devint une nécessité pour plusieurs raisons : non seulement le syriaque fut choisi pour la liturgie de l’Eglise de Perse (en opposition à l’Eglise de Byzance, qui choisit le grec comme langue liturgique), mais le nombre d’étudiants perses fréquentant les écoles théologiques chrétiennes fut en progression, or, les habitants de l’Empire perse ne parlaient pas couramment le grec. D’ailleurs, dans les écoles théologiques situées en Perse, l’enseignement était fait uniquement en syriaque. "Pour la botanique c'est pareil, voir les articles précédents. dans l'index.
 
 

Sur les nabatéens:
https://lejournal.cnrs.fr/articles/le-royaume-oublie-des-nabatéens














source: https://lejournal.cnrs.fr/articles/le-royaume-oublie-des-nabatéens



Un ouvrage sur l'agriculture nabatéenne au 8ème siècle après J.C. constitue la source la plus importante de la botanique arabe nous dit J. Magnin-Gonze.
 

 
 
 
 
 
 
"Au Moyen Age, les livres traduits en arabe devinrent accessibles aux philosophes et théologiens des pays d’Europe, qui redécouvrirent les philosophes grecs par ce biais."
 
 
 
 
 
 

Les traducteurs dans l'histoire. 3e éditionInformations

Sous la direction de : Jean Delisle, Judith Woodsworth, Benoit Léger
Discipline: Histoire Parution: 24 octobre 2014402 pages 39.95 $
ISBN : 978-2-7637-2184-2


On comprend bien pourquoi lorsqu'il y a une partie de la population, la plus nombreuse en général, qui ne s'occupe pas de se cultiver, comme un jardin, la partie la plus négative refait surface.
Préserver des livres, c'est bien.
Mais les lire c'est mieux.
En tirer la substance et des arguments, qui donnent du sens à notre monde, vient de toute ces lectures.
C'est le rôle des politiques de permettre de nouvelles traductions des textes anciens où perdus-retrouvés, tout s'enchaine et se déchaine selon la volonté d'instruire le peuple ou non.
Pour que le monde retrouve son sens. Pas seulement des ouvrages a visées commerciales, des traités ultralibéraux mort-nés dans leurs œufs, des traductions d'articles qui pourront être exploités de façon uniquement économique et industrielle.
L'accès aux études et la clarté des propos.


En conséquences, prenez le temps de lire vos ouvrages et de faire le lien entre la déconstruction totale du savoir après la seconde guerre mondiale.
Reconstruisez des bibliothèques.
Choisissez vos lectures.
https://www.facebook.com/lesminutesdelatelierreliureestautreexplications/?fref=nf


Beaucoup plus lointain, non, je n'ai pas oublié Nestorius de Damas.


Et plus près de chez nous, l'Europe entre le 10ème et le 12ème siècle se réveille, pour permettre au 13ème, avec la création des centres universitaires, un changement et un retour à la botanique comme partie de la science de la pharmacopée et de la médecine.

Il faudra attendre la Renaissance pour que la botanique soit une science qui étudie les plantes pour ce qu'elles sont et non plus pour les services qu'elles peuvent rendre.

dimanche 7 août 2016

Les jardins, la botanique et les livres. (10).

Source:
http://www.numerique.culture.fr/pub-fr/document.html?id=FR-DC-B320136201_001
Rédigé entre 1304 et 1306 (source WIKI), le Ruralium commodorum opus de Piero de Crescenzi, selon Joëlle Magnin-Gonze achevé en 1305, est le livre qui fait le pont entre la botanique pratique médiévale, (qui n'a pas encore de théorie, reste confuse, souvent laissée à la copie plus ou moins rigoureuse des moines des champs, qui modifient la théorie des simples des médecins des villes avec leurs propres connaissances et observations de leurs jardins), et l'Art des jardins du XVIème siècle.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501523r/f1.planchecontact
 
 
 

En terme concret.















Il fut aussi imprimé et largement diffusé et recopié d'après le livre imprimé...
http://www.arlima.net/mp/pietro_de_crescenzi.html

Un best seller.
 "Le livre VI présente la culture des « herbes » du jardin, avec la description de plus de cent trente plantes utiles pour la médecine et l’alimentation." Source:
http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/Crescenzi1486.asp?param=

On connait de lui le calendrier des travaux des champs, voir  la reproduction "du livre Calendrier issu du Rustican de Pierre de Crescent. Miniature du Maître du Boccace de Genève issue du manuscrit du musée Condé, ms.340, vers 1470-1475" (source Wiki).





Là, je n'ai pas trouver mieux pour donner à lire une étude sur Roger Bacon: A redécouvrir!
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon

" les scolastes ignorent ce que les fondateurs ont écrit parce qu'ils ne sont pas encore capables de les lire dans les textes originaux et qu'il vaut mieux brûler les traductions qui en existent. les traductions doivent être demandées à la nature , non à la bible et encore moins aux pères de l'église (...)"

Source: Histoire de la botanique J. Magnin-Gonze qui émet l'hypothèque que Albert le Grand avait lu Bacon.

Albert Le Grand de vegetalibus
http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1994_num_82_301_3859_t1_0246_0000_2

Ce traité est une recopie, une compilation de textes antérieurs, qui eux-mêmes sont aussi des copies de sources encore plus anciennes.
Il faut remonter à Galien, Isidore, Nicaulos.





Source:
http://bibliotheque-numerique.ville-laon.fr/collection/21-traite-de-la-nature/?n=2&filemedia_id=21&viewer=image&open_viewer=1&page=26


Voilà pour cette suite de noms et de dates des premières descriptions des plantes, avec leurs usages alimentaires et médicaux.
Entre visiter les collections de manuscrits numérisés, regarder les incunables, et collectionner les livres d'études et de documents sur ce sujet qui peut être confus parfois.
La différence entre un herbier de Dioscoride et un herbier de Lamarck, c'est que l'un dessine, l'autre collecte. Et entre les deux, du dessin, ont été faites des reproductions pour l'imprimerie.

Le terme herbier désigne donc plusieurs types de livres selon les époques où la technique a permis de décrire et d'étudier l'environnement.
Pour quelles fins?
Maitriser son environnement, le comprendre, produire de la nourriture et faire un inventaire des connaissances disponibles à chaque époque.
Utiliser les vertus des plantes d'un point de vue médical, alchimique et chimique par la suite.

A chaque fois c'est un progrès qui se base sur la combinaison de plusieurs paramètres:
technique/technologie,
observation,
volonté humaine de trouver une vérité qui va à l'encontre de l'ignorance du moment.

Aujourd'hui ....
La photographie permet de voir ce qui a disparu en 100 ans, ce qui a été modifié génétiquement.

Nourrir et soigner la planète.

Mais aussi et c'est pour cela qu'on collectionne et livres et qu'on ne détruit pas les documents:
Tracer, pour les générations futures, l'évolution de cette appropriation, parfois, de plus en plus, abusive, de notre environnement, de la nature.