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mercredi 19 avril 2017

Primum non nocere.

La reliure, qu'est ce que c'est?
L'art de protéger, de conserver et d'embellir, ainsi pourrait-on définir ce qu'est cet Art ancestral.
Plus de cent opérations sont nécessaires à la fabrication d'un livre.
Entre transmission de gestes manuels et perduration du machinisme du 19ème, il est souvent difficile de s'y retrouver parmi la multitude des formes du livre.

Pour vous accompagner dans la visite de cet atelier, je vous propose de nous arrêter sur quelques dates clés, qui seront autant de repères dans la longue évolution à la fois de la technique mais aussi des matériaux, et des machines, des outils.

La notion de livre ancien est la première à définir: Dans le monde des livres, ce qui est ancien est antérieur à 1800.

A partir de 1830, en 1850, date que l'on choisit pour marquer un tournant dans la fabrication du livre, la révolution industrielle, le foisonnement de découvertes dans les domaines des sciences et des techniques sont autant d'avancées majeurs dans la transformation de notre métier.
Le petit atelier familial devient une usine avec une production de plus en plus grande, des mécanisations qui permettent de réduire les couts, de produire plus et plus v
ite.

Un exemple fort: Mame, célèbre imprimerie à Tours est un exemple de ces aventures éditoriales des imprimeurs libraires du 19ème.
Née en 1796, elle ne prend son essor qu'en 1845, lorsque Alfred Mame met en place une entreprise qui regroupe toutes les industries qui entrent dans la confection d'un livre.
En 1850, c'est plus de 15000 livres par jour, avec 1200 ouvriers et ouvrières employés à la fabrication des cartonnages et des reliures.

1850, la chimie fait d'énormes progrès et des additifs sont ajoutés à la pâte de papier qui n'est plus fait de chiffes de coton, mais de bois.
Le papier avec du bois se révèle acide, la lignine, composant naturel du bois avec la cellulose est sensible aux rayons UV et se dégrade rapidement à la lumière, détériorant les documents, devenant cassants et parfois jaunis. Ce qui pose à partir du 20ème siècle, des problèmes de conservation et de pérennité des objets que nous fabriquons, sur lesquels nous travaillons.

Le machinisme est né: certaines opérations sont faites à la main et d 'autres avec des machines: c'est le cas des découpes, des endossures, des dorures. Pour la couture, le pliage, l'assemblage, la couvrure et certains livres précieux, la main est le meilleur outil.


Si nous prenons le manuel Roret de la reliure à sa sortie en 1827, les planches explicatives des outils ne sont pas les mêmes que les planches du Roret de 1890.

Dans l'atelier l'étau, la cisaille, les presses datent du 19ème, certaines des années 50.
Ainsi, la reliure porte en elle son essor et en même temps, les éléments de ce qui va la faire évoluer aujourd'hui vers la conservation et la restauration. La reliure ne sera plus destinée qu'à des artistes et des livres à tout petit tirage.
C'est la reliure à décor, pour laquelle j'ai peu de commandes.

Le cousoir est un outil inventé au XI ème siècle par les moines: Jusqu’au XIe siècle, le premier ais était utilisé comme base pour coudre les cahiers. Une fois ceux-ci assemblés, on mettait en place le second ais.

Le principe d'un livre relié est celui d'un support plié en deux et cousu par le milieu, assemblé ensuite avec d'autres cahiers. C'est le codex au II ème siècle après JC.
C'est
le poète latin Martial qui parle du codex dans ses épigrammes :  livre fait de nombreuses feuilles de parchemin pliées dans laquelle toute l’œuvre de Virgile tenait.



Coudre votre livre est une joie infinie: Vous réalisez que ces pages éparpillées vont former cet objet particulier qui nous accompagne depuis la nuit des temps .... Depuis votre enfance aussi.

Roger Chartier, dans son cycle de conférences, parle de la matérialité du livre indissociable de l'esprit du texte, qui existe à travers l'objet.

Kant donne une définition du livre qui nous emmène à la propriété du texte, le droit de l'auteur.
Ce texte qui existe par le travail des artisans des métiers du livre, qui lui font sa dimension d'objet est d'abord une couture sur une trame avec des choix qui conditionnent toute l'esthétique du dos du livre.

Choisir le bon fil est primordial, choisir le matériau sur lequel vont être cousus vos livres aussi. A travers les temps, les nerfs ne sont pas tous constitués par la même matière.


Des repères:

Du 8ème au 11ème, la couture est sur double nerfs de chanvre ou de cuir avec l'ais comme base de cousoir.

Invention du cousoir.

Du 12ème au 13ème, la couture se fait sur nerfs fendus ou roulés, avec des nerfs supérieurs à 5.

Du 14ème au 15ème, sur des nerfs en septains (ficelle de chanvre à sept brins), couture à chevrons sur double nerfs.

Au 16ème, on retrouve bien sûr des caractéristiques des siècles passés, la couture se fait en chevron sur des lanières de cuir mégissé ou de porcs.
Et l'apparition des grecques, (voir plus loin).

Au 17ème, les techniques de coutures se complexifient. On trouve des coutures sur nerfs torsadés, à chevrons, sur septain pour les reliures de luxe. La demi reliure apparait sur double nerfs ou nerfs simples, dans la deuxième moitié du siècle.

Au 18ème, même chose, une généralisation de la technique des grecques. On se demande bien pourquoi on appelle ces entailles dans le dos, des grecques … Parce que cela vient de la pratique des ouvriers grecs qui ont fui leur pays lors des guerres et qui arrivant en Crète puis à Venise au moment de l'effusion humaniste de l'Europe, apportèrent leur façon de faire. Les dos sont dits longs.
Cette caractéristique donne une autre esthétique au dos: plus de nerfs débordants. Le décor en dorure change aussi.

Au 19ème c'est l'apparition du ruban, de la mousseline.

C'est durant ce siècle que la technique change. Les reliures sont devenues des produits de consommation presque courante, avec des couts de fabrication qui doivent toujours baisser. La chimie introduite dans tous les domaines à partir de environ 1850,  et dont nous subissons les dommages et les complexités dans l'analyse et l'expertise des projets de restauration  aujourd'hui .....

Production de masse ... traitement de masse aujourd'hui pour traiter la mémoire du 19ème et du 20ème.
C'est l'époque des reliures romantiques, des livres rouges en percaline, des grandes maisons d'édition. (La production de masse, la diffusion, la lecture, les lois Falloux, Ferry, Guizot).

La couture sur rubans est utile pour les livres contemporains, plus rapide, adaptée aux machines à coudre de l'industrie de la reliure ...
Les livres s'ouvrent bien à plat, peuvent se passer de la passure en carton, puisque la course aux couts faibles fait simplifier toute la chaine de fabrication du livre.

Il faut bien séparer le métier que je fais et celui de relieur semi-industriel ou industriel du 20ème. L'emboitage caractérise ces reliures contemporaines, les "beaux livres" d'Art et beaucoup de nos livres. Les colles fortes en permettent la solidité.

La couture sur ficelles est, traditionnellement, en regard de cette hiérarchie artificielle appliquée à la fabrication artisanale des livres, pour les livres en cuir, dite de luxe.Mais là encore qu'est-ce que le luxe, quand les matériaux ont aussi subi de la dépréciation et de la baisse de qualité face à ces couts à abaisser pour la fabrication et la productivité .... ?
La finition reste le seul luxe aujourd'hui avec multitudes de contraintes techniques que ne connaissaient pas nos ainés. Il y a eut certes des matériaux de différentes qualités et des périodes de pénurie ont existé, (les révolutions, Bradel, les guerres, les privations).

Nous utilisons des matériaux nobles, dans la mesure du possible, issus de petites entreprises qui ont gardé un savoir-faire de plus en plus rare.
Le cuir de reliure est par exemple un cuir spécial de mouton, de chèvre, de veau traité de façon à rester perméable.
La colle est la plupart du temps de la colle d'amidon.
Les cires sont proche de la composition des cuirs et peaux, ainsi la lanoline.
Les papiers sont aujourd'hui de qualité sans bois et chimiquement neutre pour éviter d'introduire des éléments de destruction dans le livre.


Mais comment choisit-on le fil pour coudre:

C'est le diamètre du fil qui passe au fond et au milieu de chaque cahier qui vous permet de faire monter le dos au cinquième pour un Bradel et au quart de l'épaisseur du volume sorti de presse pour une reliure traditionnelle.

Sur le fil de lin existe un numéro qui vous indique la grosseur: plus le numéro est gros, plus le fil est fin.
Vous devrez tenir compte du nombre de cahiers, de leur épaisseur, de la nature du papier, et du nombre de réparations.

Plus un papier est mou, plus il va absorber le fil.
Plus il est dur, plus le fil ressortira.
Les cahiers sont gros, le fil sera vite inexistant.
Au contraire les cahiers sont constitués de deux feuillets et le fil sera très présent.

Le dos X = épaisseur du livre N + (1/5 * N)


La dorure, la décoration des gardes marbrés, la parure des peaux sont faites à l'extérieur par des professionnels accomplis, qui travaillent souvent de père en fils, où qui ont crée leurs ateliers, en partant d'apprentissages auprès de maitres.




Nous abordons donc pour que vous puissiez comprendre la complexité de ce métier et la nécessité d'avoir une organisation rigoureuse, les étapes en les nommant simplement:
• Collationner
• Identifier
• Choisir le type d'intervention (en fonction de l'identification et du budget consacré raisonnable)
• débrocher
• nettoyer
• réparer les fonds des cahiers
• réparer les déchirures
• monter gravures et couvertures
• choisir les gardes et les plier
• collationner
• mettre en presse de plaçure
• sortir de la presse au bout de douze heures
• collationner, mettre en ordre (suivant les signatures des cahiers et la pagination)
• ébarber, massicoter dans le cas d'un livre très récent
• prendre des marques avec le gabarit de grecquage
• grecquer
• choisir le fil de couture (pour que le dos monte au 1/5 de l'épaisseur du livre)
• coudre
• Encollage du dos
• Arrondissure
• Endossure
• Effilochage des ficelles
• Passure en carton pour la reliure traditionnelle
• Cambrage des plats
ou
• Apprêture du dos pour le Bradel
(Mousseline, Tranchefiles, Goudrons)
• Préparation de la carte du dos pour le Bradel 
• Massicotage, rognage, ponçage de la tête à ce moment, avant la fixation des ficelles et rubans.
• Fixation des ficelles internes pour les reliures sur ficelles, • Fixations des rubans à l'extérieur, pour les reliures sur ruban.
• Presse de mousseline
• Comètes et tranchefiles
• Goudrons
• Ponçage du dos
• Blanchiment des plats
• Taille de la carte du faux-dos
• Découpe et pose des faux-nerfs pour les reliures à nerfs
• Encoches de coiffes
• Pose de la carte à dos
• Ponçage des plats, des champs des cartons
• emballage du bloc livre
• Préparation de la peau ou de la toile et/ou du papier pour la couvrure
• Parage des remplis et des coiffes, couvrure, rempliage, mise en presse de couvrure entre foulage
• comblage intérieur
• vérification des mors, des cartons
• taille des gardes couleurs
• pose de charnières, comblage et ponçage pour les gardes soies, cartes de comblage
• Pose des gardes
• presse de finition
• Dorure

Il me parait aussi important pour finir ce tour rapide de la reliure, de mettre en évidence que la connaissance que nous devons avoir de notre métier couvre beaucoup de domaines:
Histoire des supports de l'écriture depuis la naissance de l'humanité,
Histoire de l'écriture,
Histoire de la diffusion des manuscrits et du livre à travers les routes marchandes,
Histoire de la transmission des savoirs et des textes: comment nait un livre?
Histoire de l'imprimerie, Typographie, Procédés d'impression noir et blanc et couleur,
Connaissance de la chimie du papier, des natures de papiers, de l'histoire des moulins à papier, leur naissance et leur évolutions,
Connaissances de l'histoire des bibliophiles, collectionneurs, souvent attachés à travers l'histoire aux cours princières et aux rois, aux politiques, aux industriels et hommes d'argent.
(Le capitalisme des lettres. Jean Yves Mollier qui raconte l'épopée des grandes maisons d'éditions au 19ème)
Notions de chimie et connaissance des procédés de fabrication des peaux, des parchemins, de l'encre,

de tout ce qui compose un manuscrit ou un livre.

Histoire littéraire et bonne culture générale.
Histoire des bibliothèques et de leurs destructions,
Histoires des libraires et des librairies aussi.
Et histoire de la reliure, des ateliers et de la dorure, des papiers marbrés et décorés.

Bien des domaines se recoupent et la connaissance d'un relieur, si il ne peut pas tout approfondir, vient avec le temps et la manipulation de livres, le travail réalisé au cours des années.
Ainsi savoir ce qu'est un livre rare, un livre beau ou un livre ancien est une connaissance de maturité.
A côté de cela, il y a une autre connaissance parallèle, celle de la lecture d'un catalogue de libraire, avec des codes qu'on dit de bibliophilie.



Bienvenue dans le monde de la bibliophile!



La restauration.

La restauration diffère de la reliure.
80% de réflexions et de recherches et 20% d'interventions.

Avant 1850, il n'y a pas de chimie dans les livres, il n'y a donc pas de raison d'en ajouter dans les livres datant d'avant la révolution industrielle et son cortège de nouveautés.
Peu nous importe que l'on voit le travail fait si celui-ci est discret et reste dans l'esthétique générale.
Nous cherchons à redonner avant tout au livre sa fonction première: servir le lecteur.
Mais aussi en appliquant ce que l'on appelle le "quantum sufficit", cette intelligence et cette mesure du mieux possible, le moins possible.




La conservation

La conservation fait également appel à d'autres compétences, d'autres modes de réflexions.
Arrêter les dégradations est le principal sujet du conservateur.

Conserver n'est pas restaurer, ni relier.
Relier n'est pas restaurer, ni conserver dans le sens des conservateurs.
Beaucoup de livres qui ont été reliés, ont été conservés aussi et ont passé les épreuves du temps et des manipulations des hommes, des mauvais stockages et conditions diverses, feu eau, poussière, insectes.

Restaurer n'est pas conserver, ni relier.

Un bon conservateur sait ce que veut dire restaurer et relier, fait la différence.

Un bon restaurateur sait relier, connaît parfaitement toutes les étapes et les contraintes des matériaux, leur chimie.

Un bon relieur sait déléguer quand il a à faire de la restauration pointue.
Un bon restaurateur s'entoure de conservateurs.

Avec la dorure, c'est un peu la même chose, avec la marbrure, avec la parure.
Avec cette déontologie personnelle et forte de 13 ans d'expériences, sachant s'entourer de professionnels reconnus, l'atelier est en capacité de proposer des solutions pour tous types de travaux concernant le patrimoine écrit.

Quant au temps passé, au prix pratiqués, c'est souvent sur devis et en appliquant un forfait qui respectera toujours le côté raisonnable de l'intervention, le type d'intervention, et la pérennité de l'ouvrage dans son ensemble.
Chaque livre est unique, chaque possesseur aussi.

samedi 15 avril 2017

Incursion dans la modernité. Notes variées au pied levé.

 
Dans ma pratique, il m'arrive d'ajouter des cahiers de feuilles blanches au milieu des livres ou à la fin à la demande des clients ... C'est leur livre, un livre de recherche et, les feuillets blancs à la fin sont là pour réunir leurs notes: Il y a encore des gens qui prennent des notes sur du papier.
Mais pour combien de temps ...?

Les processus d'apprentissage et de recherches ne changent pas: on a besoin d'être au calme, posé, de peu d'idées à la fois et de beaucoup de temps, pour prendre des notes qu'on retrouvera.
L'écriture sur papier est un processus différent de la prise de notes rapides avec clavier.

Ce qu'il manque avec le numérique ce sont les traces, les brouillons.

La reliure, c'est aussi la célébration de la lecture comme de l'écriture.
 
 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri-Jean_Martin#Bibliographie


 



La notion d'auteur, d'écrivain n'a pas toujours été la même ...
De la lecture publique à la lecture pour soi, du regroupements des supports multiples pour un seul et très long discours au regroupements de plusieurs auteurs dans un seul livre relié pour la commodité de lecture et de collection d'un lecteur.

http://www.ina.fr/video/I11136916

https://youtu.be/p2fDQ3y_UrU

Toutes ses possibilités dansent entre elles au cours des évolutions techniques, des sociétés, de la politique et de l'histoire.

"La matérialité des textes et du livre renvoie enfin à une autre thématique abordée de manière latérale dans l’ouvrage : la dimension physique de l’acte de lecture. Plusieurs remarques éparses de l’auteur peuvent effectivement être rassemblées pour souligner que la lecture « est d’abord […] une précise activité du corps »3. Elle engage bien sûr la main. Ainsi, « en substituant au rouleau une forme nouvelle de livre [le codex] a permis des gestes qui étaient tout à fait impossibles auparavant » (p. 39)"
Source:
https://lectures.revues.org/18156

https://fr.wikipedia.org/wiki/Penser/Classer


A l'intérieur de votre ordinateur, elles y sont toutes mais ne permettent plus la variation des supports: des millions d'ordinateurs tous sur le même modèle. Ou des tablettes, ou un téléphone mais dans l'ensemble, le design est toujours le même.





La multiplication des sources et l'apparition de l'autoédition changent considérablement le travail du chercheur : trier encore plus qu'avant.
Et la fatigue des écrans ...



Le relieur aujourd'hui se charge de regrouper, protéger, conserver à l'intérieur d'une construction intellectuelle matérielle, les documents d'une entreprise de connaissance, de collection à des fins de cohérence. (C'est la première définition de ce métier.)

Au temps de l'imprimerie, le relieur faisait partie des corps de métiers liés à l'imprimeur ... Mais aujourd'hui?
Les outils numériques permettent de construire un livre en très peu de temps et à peu de frais. Le fait que les matériaux soient pérennes ... n'a plus à jouer puisque la numérisation rend possible la réplique à l'infini, à la demande.
C'est donc plus que jamais un vrai choix que de se constituer une bibliothèque en bon état avec des ouvrages faciles à consulter.


Un vrai tourbillon entraîne tous les métiers manuels au fond du siphon et résister, avoir cette rigueur de pratiquer ce métier dans toute sa complexité est une interrogation quotidienne.

Il reste la partie artistique et création ... maigre, maigre consolation qui n'est pas donnée à tout le monde ... d'autant que les moyens pour concevoir, imprimer et surtout diffuser un livre même à petit tirage ne sont pas simples.
Entreprise à perte bien souvent : la plupart ne font pas la différence entre la production industrielle et nos métiers. (Seconde possibilité offerte de nos métiers, la création.)

Il n'y a plus cette éducation au bon gout qui nécessite temps, observation, réflexion.

Ou dans des espaces assez confidentiels ... vous avez les livres d'artistes.

Entre ces options, le métier de relieur doit trouver encore la force de résister.
Nos petits ateliers sont écrasés par la société du tout numérique qui est en train de se mettre en place, qu'on le veuille ou non et la plupart de nos clients ne veulent pas payer le prix de nos prestations parce qu'ils ne comprennent pas la différence entre le livre industriel et le livre relié.

La troisième dimension de ce métier est la restauration des livres où la connaissance de la reliure est impérative. Là encore le rapport à la matérialité et aux qualités physiques propres aux matériaux est d'une grande importance pour un être qui se veut complet: On ne saurait se contenter de la virtualité du livre pour le connaitre.
Tout comme voir des photos et se rendre sur le lieu découvrir un monument met en œuvre une complexité d'interactions entre nos sens et notre capacité à mémoriser qui nous chargent de l'expérience.





Elle est à vendre.


lundi 20 mars 2017

Les délais ....

déjà au 19ème ....



Tous les bons relieurs ont dit un jour ... Votre livre est pour bientôt tout en sachant que le livre est sur l'étagère encore.
Si on annonçait les délais réels ... les clients partiraient.
C'est à dire qu'à une personne à qui je dis: si je vous avais dit plus de 6 mois pour votre livre, me l'auriez vous laissé ... 100% de personnes répondent non.


MAIS PAS SUR LE RELIEUR S'IL VOUS PLAIT.





Peu importe la qualité, le prix etc. etc. .. C'est tout tout de suite.

Hélas, je n'ai que deux mains et la vie est devenue encore plus compliquée qu'avant.

On ne fait pas de miracles et si vous voulez des œuvres et des livres originaux, il faut attendre.

Le monde moderne nous ordonne de travailler vite toujours plus de volumes pour toujours plus de sous pour toujours, toujours ...
LA BARBE.

Il nous faut maitriser beaucoup de matériaux, de contraintes et de délais de prestataires extérieurs, la poste ... et pour ne rien arranger, je suis seule à travailler avec un maison un jardin une fille quatre chiens et ... je dois être super Wonder women.

Détendez vous de la culotte ... Votre livre arrive.






vendredi 17 mars 2017

On révise un peu les bases de l'histoire de la reliure? 15.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_Kells
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psautier_Chludov
Bien sûr, je me suis égarée en cours de route parce que j'ai ouvert un autre livre que celui de Louis Marie Michon, Histoire de la reliure aux éditions Larousse, guide jaune et noir, édité en 1951.
Il y a eu depuis beaucoup de classements autres, de découvertes et si on croise les informations de notre conservateur érudit de la BNF avec celles de Roger Devauchelle, chartiste dont la thèse en 1961 constitue les trois volumes de notre collection, Histoire de la reliure, on trouvera que chacun a eu un angle de recherches précis.
C'est aussi le cas de ce livre fleuve, une histoire mondiale du livre, par Roderick Cave et Sara Ayad, qui en 100 livres fait le tour du monde de l'histoire, dans un champs large ... de quoi redevenir plus humble par rapport à l'histoire de la reliure, certes riche en France, mais aussi ailleurs.
Cette histoire de la reliure française qui s'est nourrie de beaucoup d'influences extérieures: le voyage des matériaux, des découvreurs de contrées, des conquérants.

On retrouvera dans le chapitre quatre: le livre de Kells, le psautier Khouldov, La fondation de la pharmacologie par Dioscoride, les évangiles de Toros Roslin, la géographie de Ptolémée, le premier guide de voyage de Buondelmonti, Le roman de la rose enluminés à Bruges, et enfin les heures de Farnèse.








https://www.wdl.org/fr/item/13012/view/1/1/

https://www.wdl.org/fr/item/13012/




https://www.wdl.org/fr/item/10664/




http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9072550g/f8.planchecontact.r=%22insularum+Archipelagi%22

http://expositions.bnf.fr/marine/arret/09-4.htm



http://www.spamula.net/blog/2006/06/clovio_1.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_d%27heures_du_cardinal_Farn%C3%A8se




http://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=7465

lundi 13 mars 2017

On révise un peu les bases de l'histoire de la reliure? 14.

On revient un peu en arrière:

La corporation de livre fut crée en 1467 par Louis XI avec 60 autres formations divisées en bannières.

Libraires, parcheminiers, relieurs, écrivains, enlumineurs furent regroupés sous la bannière des métiers du livre:
"D'Azur au livre ouvert d'argent accompagné de trois fleurs de Lys d'or, deux en chef, une en pointe"



http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4057358/f3.item.r=relieurs


Une autre référence qui donne des exemples très précis de livres remarquables au XVème.:
http://www.textesrares.com/hliv15/liv15.htm


jeudi 9 mars 2017

On révise un peu les bases de l'histoire de la reliure? 13.

Les premières reliures en maroquin en France se généralisent à partir de 1536 et les accords entre la France et l'Empire ottoman, également avec les échanges durant les guerres d'Italie.
Les importations étant malgré tout très chères, la fabrication se fait également en France, dans la région de Montélimar.
Source Roger Devauchelle.

Je n'ai pas trouvé de lien entre l'histoire d'une tannerie à Montélimar et l'Italie ....
mais on consultera ce document peut être à propos


:



Au 16ème siècle la reliure ordinaire est incontournable pour les érudits plus ou moins fortunés.

Imprimeurs libraires éditeurs artisans et artistes du livres et autour forment des corporations liées.

Les cartons en défets apportent finesse et élégance.
Avec les échanges avec l'Italie, le Levant, on assimile bien le fait qu'il y a un foisonnement culturel et commercial.
La technique des grecques, importées par les grecs venus travailler à Venise
chez les Alde .

Le
fils d'Alde Manuce sous le titre Aldi Filii fera paraître la première fois en 1552 une édition grecque de ce même livre. Le nom d'Alde Manuce est une grande source de plaisir dans le monde de la bibliophile, vénitien, époque de François Premier ... le cahier des charges de la reliure change grâce à cet imprimeur.
La littérature sur cette famille d'imprimeur éditeur est nombreuse.
http://www.universalis.fr/encyclopedie/manuce-les/
(https://restaurationlivreatroo.blogspot.fr/search/label/L%27Aldi%20Neacademia)

http://memoirevive.besancon.fr/?id=167


La sobriété.



C'est par ces échanges entre érudits, collectionneurs, ambassadeurs de François Premier que se matérialisera un cahier des charges pour la confection de reliure protégeant le savoir et la mémoire au 16ème siècle que nous avons toujours aujourd'hui en admiration.

Et pour savoir comment étaient composés les ateliers qui ont laissé ces reliures, à Paris, à Fontainebleau, à Lyon, à Blois, il faudra aller chercher dans les minutes des notaires, inventaires après décès.

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/mm/media/download/FRAN_ANX_008010.pdf

La veuve de Pierre Roffet:  Jeanne Cassot.
.

 
 
 
Reliure de Charles IX.
Maroquin.
 
 
 
 
 

mardi 7 mars 2017

On révise un peu les bases de l'histoire de la reliure? 12.

La reliure de Milan.

entre 1499 et 1513.
L'avantage des dates arbitraires mais précises est qu'elles donnent une grille sur laquelle vont s'ajouter des petites connaissances.

En 1499, est signé un accord entre Venise et la France qui remise les vieilles querelles au placard ... les échanges artistiques et culturels peuvent démarrer ...
http://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1894_num_6_21_3145

https://www.herodote.net/1494_1559-synthese-304.php


Et où l'on retrouve Grolier le trésorier du Roi à qui est confié la finance de duché ... raconté par Bandello, "Mathieu Bandello, Matteo Bandello  évêque d'Agen et écrivain italien du XVIe siècle, né en 1480 à Castelnuovo Scrivia, dans l'actuelle province d'Alexandrie, au Piémont et mort au château de Bazens, propriété des évêques d'Agen, en 1561". (Wiki), dans ses Nouvelles, sur la personnalité de Grolier ( L-M.Michon- Larousse).



http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535876p


 
 
 
https://www.abebooks.fr/rechercher-livre/titre/merveilles-et-splendeurs-des-livres-du-temps-jadis/auteur/bologna-giulia/




A consulter ces livres magnifiquement illustrés et commentés par  Giulia Bologna, archiviste, paléographe, professeur de bibliothéconomie et de bibliographie. Elle a dirigé les Archives Historiques de la ville de Milan, ainsi que celles de la Biblioteca Trivulziana. Parmi ses quelque cent soixante publications, quarante ouvrages traitent du livre sous toutes ses formes, du manuscrit enluminé au livre imprimé. Cette chercheuse, qui est devenue une spécialiste du livre ancien, s'intéresse tout particulièrement à la reliure en organisant des expositions didactiques et en publiant des ouvrages en la matière.